La prochaine section de la Te Araroa est une des plus redoutées. J’avais écrit dans l’article précédent qu’il s’agissait de deux forêts ; en fait il y en a quatre ! Les forêts du Nord sont reconnues pour leur boue légendaire et leurs conditions extrêmes quand il pleut. La section comporte plus de 100 km et nous devions prévoir 5 jours de nourriture et nous préparer à ne pas prendre de douche durant toute la période. Le chemin est celui indiqué en orange sur la carte, en plus de la section suivante en vert, qui mène à Kerikeri.

Herikino Forest

Nous avons commencé la première forêt sous une forte pluie après quelques kilomètres sur la route. La différence entre la « jungle » néo-zélandaise et les forêts québécoises est frappante. Des palmiers et des fougères géantes dans tous les coins, en plus du nombre incroyable d’oiseaux. Michael et Lars nous accompagnaient pour cette première entrée en sol boueux. Effectivement, toutes les histoires sur la boue légendaire de cette section se sont avérées exactes !

Vous pouvez voir sur les photos à quel point c’est intense ! Avec la pluie qui tombait, l’expérience fut tout de même périlleuse, tout le monde est tombé au moins une fois, sauf moi ! Après cette traversée intense, nous avons rejoint le petit refuge nommé Trampers Inn, où nous attendait un point de vue merveilleux et de l’eau pour rincer nos pieds et nos jambes recouverts de boue. En extra, nous avions accès aux « New Zealand’s Most Famous Toilets », une toilette sans porte. La dernière photo est justement le point de vue assis sur le trône, et derrière celui-ci !

Raetea Forest

Après l’expérience Herikino, la forêt Raetea nous attendait. Selon d’autres randonneurs, elle était la pire forêt de tout le sentier ! Nous avons donc marché sur la route sous la pluie pour nous rendre vers l’enfer boueux. Par chance, il n’a pas plu beaucoup cette journée-là, seulement le matin. La randonnée pour se rendre à l’entrée de la forêt était très agréable, avec des paysages à couper le souffle. Mais la boue nous attendait. Raetea fut très difficile : de la boue, de la boue et de la boue. Nous marchions parfois à 1 km par heure !

J’ai mis quelques photos qui en montrent, mais ce ne sera jamais suffisant pour exprimer la difficulté d’avoir constamment les pieds et les jambes couverts de terre mouillée. Nous avons pris un peu moins de deux jours pour la traverser, mais j’ai vécu une première : camper en pleine jungle en haut d’une montagne, recouvert de boue, n’ayant aucune source d’eau pour me laver, au milieu de nulle part ! Nous avons crié victoire quand nous sommes enfin sortis de cette difficile épreuve, qui a été tout un défi tant mental que physique.

Omahuta et Puketi Forests

Les deux dernières forêts étaient moins difficiles et nous ont permis d’expérimenter la marche en rivière — oui oui, directement dans la rivière ! Cependant, nous avons été chanceux parce qu’Omahuta est considérée comme une « Dangerous Hazard Zone ». La rivière est directement dans un canyon, donc durant une forte pluie, vous pouvez carrément être emporté par le courant ! Par chance, nous avions une super belle journée ensoleillée ainsi qu’un niveau d’eau parfait pour y marcher — du moins, si « parfait », c’est de l’eau jusqu’aux mollets, ça vous convient ! Après une dernière montée très abrupte ainsi qu’une longue marche sur une route de gravier, nous avons finalement atteint le Puketi Recreational Center. Cette fameuse section des forêts du Nord que nous redoutions tous était maintenant chose du passé !

Puketi à Kerikeri et directement à Paihia

Il nous restait un bon 25 km à compléter après la section des forêts pour nous rendre dans la ville de Kerikeri, où nous avions prévu prendre une journée de congé après 5 jours sans douche. Finalement, après discussion avec nos amis, nous avons marché autour de 27 km le lendemain ; il était plus logique de prendre notre journée de repos à Paihia, où nous devions préparer une section de 13 km en kayak ainsi que la suivante, qui représente 133 km ! Nous avons donc atteint la petite ville côtière pour bien nous reposer pour la suite. Malgré environ 250 km déjà parcourus, il nous reste beaucoup de pieds à mettre un devant l’autre !

Cet article a 1 commentaire

  1. Stef

    Je vous admire xxx

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