Les prochains kilomètres sont souvent parcourus à vélo par plusieurs randonneurs. Il faut carrément marcher sur une piste cyclable, et le chemin entre Tekapo et Twizel ne présente aucun dénivelé. Voici la section en question :

De plus, il est interdit de s’arrêter entre les deux villes, parce que le sentier longe un canal et qu’on ne peut pas camper le long de celui-ci. Nous avons donc décidé de marcher un marathon cette journée-là : 42 kilomètres ! Moi, Sandy et Puff Puff (Alex) sommes partis très tard, en profitant au maximum de l’abondance de Fish N Chips et de Coke qui s’offrait à nous. Je ne le cache pas : marcher sur une surface dure pendant longtemps, ce n’est pas facile.
J’ai calculé qu’après 25 kilomètres sur une surface dure, comme de l’asphalte ou une route de gravelle, le corps est tout simplement écœuré. Tu as mal aux pieds, aux genoux, au bas du dos, etc. Bref, le défi était de taille. La dernière fois que j’avais fait plus de 40 kilomètres, j’avais eu deux immenses ampoules et j’avais dû arrêter de marcher pendant une journée.



Une ampoule vient rarement seule
Au moins, deux Kiwis m’ont donné un Coke en chemin, et nous avons eu droit à un magnifique point de vue sur le mont Cook au bout du lac. Par contre, le concours des ampoules a été remporté par mon pied gauche. Je n’avais jamais vu une excroissance aussi immense ; c’était vraiment décourageant. Disons que l’histoire de mes pieds sur ce sentier n’est pas tout à fait glorieuse.

Twizelidou
Après une nuit dans un camping gratuit, où, encore une fois, des gens écoutaient du Gangsta Rap à fond la caisse, nous avons atteint Twizel malgré la fatigue. Twizel est une petite ville où nous avons encore abusé du sucre, du gras et des frites. De plus, une surprise nous attendait : notre ami Marcus, rencontré au début du sentier, était là.
La suite de notre marche de 3 000 km était une transition, si on peut le dire comme ça. Le sentier nous amenait vers la Breast Hill Track. Notre courageuse Puff Puff, qui marchait son deuxième sentier de longue distance de suite, était très motivée à atteindre Wanaka et menait le groupe vers l’avant.



2500 km et Marcus le nageur
Cette supposée transition nous a surpris par sa difficulté, mais aussi par sa nuit sous la tente. Nous pensions vraiment voir notre double toit s’arracher sous la force du vent. Le début de la section nous offrait toutefois un beau point de vue sur le lac Ohau. De plus, nous avons atteint le marqueur des 2 500 kilomètres ! La fin approchait de plus en plus.
Juste avant d’entamer la BHT, nous devions traverser la rivière la plus large de la TA. Après avoir bien analysé l’endroit où traverser, nous n’avions de l’eau que jusqu’aux genoux. Notre ami Marcus, lui, a mal calculé son coup. Il mesure au moins 6 pieds 3 pouces et il a réussi à choisir le pire endroit. Il avait de l’eau pratiquement jusqu’au cou. Sacré Marcus !



Breast Hill Track
Je n’ai pas de photos de la super longue marche dans la rivière que nous avons dû faire juste avant de grimper 800 mètres sur 3 km, mais c’était tout un défi ! Cette montée nous amenait près d’un vieux refuge où nos courageux amis Erin et Hugo ont décidé de dormir cette nuit-là. Le refuge était infesté de souris. Elles se sont carrément promenées sur nos amis toute la nuit ! On était très contents d’avoir choisi la tente !
Du haut de Breast Hill, une vue à couper le souffle nous attendait sur le lac Hawea et les Alpes.




Les opossums sont parfois en vie ?
La descente était très abrupte. Les notes du sentier mentionnent que c’est un véritable défi qui peut prendre de 4 à 5 heures pour descendre quelques kilomètres seulement, tellement c’est difficile. Eh bien, nous avons décidé de courir ! Il faisait vraiment chaud et nous étions maintenant cinq thru-hikers réunis. Nous avons décidé de relaxer un peu et de n’atteindre Wanaka que le lendemain. Après un autre petit 10 kilomètres, nous nous sommes arrêtés à Albert Town, où il y avait un camping payant, encore une fois très bruyant.
Nous sommes partis vraiment très tôt le lendemain. Il faisait encore noir. Avec nos lampes frontales, nous avons pu observer un opossum vivant pour la première fois, plutôt que d’en voir un bêtement écrasé sur la route ! Le sentier pour se rendre à Wanaka suit le lac jusqu’à sa pointe et nous a offert de très beaux paysages matinaux.



Wanaka est une belle ville qui semble tranquille, mais le Holiday Park que nous avons choisi était effroyable. C’était le Spring Break version allemande : aucun contrôle de la part des propriétaires et un gros party toute la nuit, en plus de laisser la place dans un état lamentable. C’est sûr que nous, les randonneurs, on n’est pas tellement dans le party. On se couche à 21 h et on se lève à 6-7 h, mais bon, il faut ce qu’il faut !
Après une demi-nuit, notre prochaine destination était la ville très populaire et touristique de Queenstown. Avant d’y arriver, nous devions traverser notre dernier milieu alpin : la Motatapu Alpine Track.






